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Dans le cadre du plan
Etat-Région, l'association Géosciences Animation se mobilise pour
mettre en place le réseau "Des Pierres et Des Hommes".
Elle est actuellement présidée par Michel ROUX, professeur de
géologie à l'université de Reims.
Ce réseau a pour but de révéler l'importance des matériaux
locaux dans le développement de la région Champagne-Ardenne. Il
est constitué de 5 pôles répartis, selon la situation
géographique et son intérêt géologique, comme suit : craie à
Reims, argile et gaize en Argonne, ardoise en Ardenne, fossiles dans
l'Aube et calcaires durs en Haute-Marne. |
Etre
un pôle de culture scientifique, c'est :
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accueil de promotions universitaires (Lille, Villeneuve d'Ascq, Amiens)
► classe patrimoine ardoise
► chantiers d'aménagement de sites ardoisiers sur Fumay
► sentier de découverte sur site ardoisier à Fumay
► matériel et bibliothèque spécifique (cartes, livres sur le
patrimoine ardoisier, sur la géologie)
► animateurs expérimentés ou diplômés géologie
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QU'EST-CE QUE L'ARDOISE ?
L'ardoise est une roche qui se débite en plaques régulières plus
ou moins fines. Ses principales utilisations traditionnelles sont
les tableaux noirs et la couverture (toits). Les bassins ardoisiers
de notre région sont localisés dans le massif ardennais autour de
Fumay, Rimogne et Monthermé (voir carte ci-dessus). Les ardoises de
grande qualité étaient extraites de mines aujourd'hui abandonnées.
En dehors du massif ardennais, le plus grand gisement français d'ardoise est exploité à Trélazé
au sud-est d'Angers.
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Vallée de la Meuse
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Généralités
Un morceau d'ardoise montre une accumulation de fins feuillets
observables sur sa tranche. Il est délimité par deux surfaces
planes, parallèles aux feuillets selon lesquels la roche s'est débitée.
Les surfaces qui délimitent les
feuillets sont les plans de schistosité. L'ardoise appartient à un
ensemble de roches nommées schistes. Une veine d'ardoise provient
d'une couche d'argile écrasée sous forte pression à l'occasion de
la formation d'une chaîne de montagne. Les plans de schistosité
sont perpendiculaires à la pression exercée. L'écrasement a rendu
la roche moins poreuse, plus compacte, avec une cohésion plus
forte. Néanmoins, l'ardoise reste une roche relativement tendre qui
se raye aisément avec une pointe de fer.
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Verdeau à Rimogne
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Comme l'argile, l'ardoise est imperméable,
ses constituants sont ultramicroscopiques et donc ne peuvent pas être
observés à l'œil nu ou à la loupe. Les deux roches ont une
constitution chimique et minéralogique proches et peuvent prendre
des couleurs variées (cf. site argile). A la différence de
l'argile, ses propriétés physiques ne changent pas
fondamentalement quand on la sèche ou quand on l'humidifie. |
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En résumé, les
principales qualités de l'ardoise:
- elle est imperméable, donc elle résiste au gel,
- sa structure feuilletée assure une bonne résistance
aux chocs et une légère flexibilité,
- elle est aisément fissible en plaques légères,
- elle résiste bien aux attaques acides courantes,
- elle est inaltérable lorsqu'elle est dépourvue de
pyrite, .
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SCHISTE
OU ARDOISE ?
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LES SCHISTES
Les schistes sont des roches le plus souvent relativement tendres,
se débitant en feuillets ou en plaques plus ou moins régulières.
Etant issus de la transformation de matériaux argileux plus ou
moins purs (argile silteuse ou argile sableuse, marne plus ou moins
calcaire), il existe une grande variété de schistes.
La transformation induite par la pression et la température peut être
faible (diagenèse) à forte (métamorphisme). |
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Quand elle est faible (perte en eau et compaction liées à la
charge sédimentaire) et qu'elle affecte des sédiments finement
stratifiés, les plans de schistosité se développent selon les
plans de stratification (cas des schistes bitumineux).
Quand la pression plus forte (tectonique) provoque le plissement des
strates sédimentaires, la schistosité, perpendiculaire à la
pression, devient indépendante de la stratification et les minéraux
argileux peuvent recristalliser en d'autres phyllosillicates moins
hydratés mais de même taille (cas de l'ardoise).
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Si la pression et la température
s'élèvent, des cristaux de mica, visibles à l'œil nu, se développent
dans les plans de schistosité, la roche devient plus dure et encore
plus déshydratée (cas des micaschistes). Si le matériau subit
plusieurs déformations selon des axes de pression différents, les
plans de schistosité les plus anciens sont déformés ou recoupés
par les plus récents et la roche ne se clive plus selon des plans
simples et réguliers.
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►L' ARDOISE
L'ardoise est donc une forme particulière de schiste (schiste
ardoisier) dont les plans de schistosité issus d'une seule déformation
majeure permettent un débit selon des plans réguliers et parallèles.
Sa qualité est d'autant meilleure qu'elle provient de la
transformation d'une argile relativement pure.
En fonction des éléments métalliques qu'elle contient et de leur
degré d'oxydation, l'ardoise comme l'argile présente une diversité
de teintes: noir, gris, vert, violet à lie de vin.
Si l'argile originelle est riche en matière organique, des cristaux
cubiques de pyrite (sulfure de fer) microscopiques ou visibles à l'œil
nu se développeront. A l'air, ils s'oxydent pour donner une
teinte brun à rouille; cette altération nuit à la qualité de
l'ardoise.
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L'ardoise au
cœur des plus anciennes
roches de la région.
Connaissez-vous la légende des 4 fils Aymon pétrifiés en un
paysage remarquable près de Bogny-sur-Meuse: quatre pics d'une
roche très dure, le quartzite, séparés par des schistes
ardoisiers plus tendres que l'érosion a entaillé plus facilement.
L'alternance de couches de sable (devenues bancs de quartzites) et
de couches de boue argileuse (devenues veines de schistes
ardoisiers) appartenaient à un vaste ensemble détritique en partie
sous-marin (semblable au delta du Rhône actuel) provenant de l'érosion
d'un continent voisin.
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C'était il y a environ 500 à 530 millions d'années, période que
les géologues appelle cambro-ordovicienne (le Cambrien suivi de
l'Ordovicien sont les premiers étages de l'Ere Primaire ou Paléozoïque).
Ces terrains très anciens sont mis à jour à la faveur du
plissement des couches en voûtes (anticlinaux) dont le cœur est
attaqué par l'érosion actuelle. Ces anticlinaux datent de la
formation de la chaîne hercynienne dont le paroxysme se situe il y
a environ 300 millions d'années. C'est à ce moment que se développe
la schistosité et que l'ardoise acquière les caractères spécifiques
que nous lui connaissons. |

Les Quatre Fils Aymon
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LES
ARDOISIERES, UN PATRIMOINE ARDENNAIS
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La fabrication de l'ardoise
Première partie: Le travail de fond (exploitation de l'ouvrage)
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LE MODE D' EXTRACTION
La mine s'ordonnait autour d'une
galerie principale. Les ouvriers attaquaient la veine à son
affleurement et creusaient une première galerie dans le schiste
suivant son inclinaison.
Le mode d'extraction consistait en de vastes trous nommés
"ouvrages" que l'on creusait de chaque côté de la
galerie. Entre chaque ouvrage, on conservait des piliers , percés
de distance en distance pour permettre l'aération et respecter les
lois de soutènement.
LE CRABOTAGE
Il consistait à ouvrir une excavation de 60 à 80 cm de hauteur et
de la longueur de l'ouvrage.
Les ouvriers (ou craboteurs) commençaient avec le pic. Les décombres
étaient ensuite enlevés dans des hottes par de petits garçons
appelés gamins qui les portaient dans d'anciennes culées
(ouvrages).
Le crabotage une fois achevé, on divisait la masse en trois
longuesses (blocs d'ardoises allongés) qu'il fallait détacher et
lever pour le débiter ensuite.
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Débitages des blocs et remontées des déchets
Cl. Maison de l'Ardoise de Rimogne
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LE
DEBITAGE
Lorsque le bloc est tombé, il faut le débiter, c'est-à-dire le
diviser en dalles. On pouvait mettre plus d'un an à débiter une
longuesse.
Les blocs de schiste se divisent en morceaux suivant le plan de
fissilité, mais quelquefois les blocs tombés avaient de grandes
dimensions. Dans ce cas, les mineurs étaient obligés d'employer
les mines chargées à la poudre. Cette technique ne variera pas
jusqu'en 1971
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Seconde partie: La
remontée
LE PORTAGE
La circulation étant difficile dans les exploitations, on peut aisément
imaginer le dur labeur des porteurs.
Il n'existait pas d'autre moyen que de charger sur le dos les
"faix" (bloc de 80 kg) en calant le bloc avec le bassa
(matelassage sommaire réalisé avec quelques vieux sacs) noué sur
les reins.
Si l'usage des berlines sur rail constituait une amélioration
sensible, cependant il fallait toujours porter à dos entre le
chantier d'abattage et l'extrémité des voies ferrées posées dans
les galeries.
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Le portage
(cl. D. Moiny)
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Le fendage
Cl. Maison de l'Ardoise de Rimogne
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Troisième partie: Le
travail en surface
LE FENDAGE
L'ouvrier a posé le "sparton"
(morceau d'ardoise de 10 kg) sur le sol de la baraque. Il le
maintenait sur la tranche entre ses deux gros sabots de bois.
La pénétration du ciseau de grande taille était assurée par la
percussion modulée du maillet sur la tête de l'outil. Il répétait
l'opération en changeant le ciseau de place. Puis, il frappait un
coup plus fort pour faire pénétrer le ciseau plus profondément et
quand la pierre était bien fendue, il divisait l'ardoise en deux
lames de même épaisseur (2à 3mm)
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LE DECOUPAGE ET LE FACONNAGE
L'une des premières machines-outils mises en service dans les
ateliers de surface fut le découpoir à pédale. Il équipait
toutes les fosses avant 1914.
Il en est de même pour la "broye". Il s'agissait d'un
emporte-pièce se rebattant sur une matrice aux dimensions de
l'ardoise à tailler. Cette machine actionnée à l'aide d'une pédale
terminait la travail ébauché par une taille approximative.
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Le découpage et le façonnage
(cl. D. Moiny)
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L'ARDOISE, D'HIER A AUJOURD'HUI
Si son usage remonte à des temps préhistoriques (des fouilles
entreprises à Monthermé ont permis la découverte d'ardoises décorées
datant de l'époque magdalénienne), il a fallu attendre le XIXème
siècle, la venue du machinisme, du chemin de fer et des
capitaux (belges principalement) pour que l'ardoise devienne une
activité industrielle à part entière.
Dans les Ardennes, l'ardoise a connu ses
heures de gloire au début du XXème siècle. Elle était
choisie pour sa qualité décorative inégale (teinte violacée,
verte ou noire…) et était exportée dans le monde entier pour
couvrir les plus beaux monuments.
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Cependant, avant de la vendre, les hommes connaissaient des
conditions de travail à la limite du supportable, comparables
à celles des mineurs de charbon. Eux aussi avaient les poumons
envahis par les poussières, les reins brisés par les charges,
sans parler de l'obscurité, l'humidité et les accidents. Les
femmes, en haut, actionnaient les pompes, les enfants (les
gamins) travaillaient sur le verdau dès l'âge de 10-11 ans.
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Elément de monument funéraire
Cl. Maison de l'Ardoise de
Rimogne
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1971….
Des coûts salariaux élevés (80% du prix de revient), une
productivité faible comparée aux bassins connaissant des
conditions d'extraction plus facile (Anjou), une gestion peu
rigoureuse, des entreprises de petites tailles, la concurrence
de nouveaux produits moins chers (shingle = ardoise fabriquée
à partir de paillettes de schiste) et en juillet 1971, c'est la
fermeture définitive des ardoisières des Ardennes. (Grande
fosse à Rimogne, Saint-Joseph à Fumay).
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Puits de la grande fosse. Ardoisière
du bassin de Rimogne
Cl. Maison de l'Ardoise de Rimogne
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LES
USAGES DE L'ARDOISE
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LES UTILISATIONS TRADITIONNELLES
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La principale utilité de l'ardoise est la
couverture de toit.
On permettait parfois aux "bons" ardoisiers de
pouvoir récolter de belles plaques pour pouvoir construire une
maison ou une baraque.
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Barraque à Haybes-sur-Meuse
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DES UTILISATIONS PARFOIS SURPRENANTES
Les villageois récupéraient des
morceaux de schistes pour la voirie. Ici, les dalles ont été
mises à la verticale pour retenir les chariots qui descendaient
par ce chemin.

Chemin en schiste à
Haybes-sur-Meuse
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LES
VESTIGES DES L'INDUSTRIE ARDOISIERE, UN MILIEU RECONQUIS
►
LES SITES ABANDONNES
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A demi enfouie, l'entrée de cette ardoisière et
sa voûte mériterait plus de respect (Saint Antoine, Haybes-sur-Meuse) |
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Ce pont en schiste (âgé
de 400 ans?) servait à relier les ardoisières du chemin
carrossable dans le val du Mohron (Haybes-sur-Meuse) |
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Les sites où l'on extrait l'ardoise sont truffées
de trous. Certains parlent de la région comme d'un "gruyère".
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Des murets dans la forêt
nous rappelle qu'autrefois le fendage se déroulait dans les
haillons
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Le treuil de l'ardoisière Sainte-Anne (fermée en
1934) surplombe la Meuse. En contrebas, on devine l'ancien lieu
de stockage d'ardoises avant d'être envoyées dans le monde
entier
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Colonisation végétale du
verdeau Saint-Vladimir - Parc de Moraypré
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Les anciennes ardoisières avec leur réseau de
galeries accueillent de nombreuses espèces de chauves-souris
qui trouvent là les conditions idéales d'humidité, de fraîcheur, et de
tranquillité pour hiberner en toute quiétude.
Garnd murin, vespertilion de Bechstein, cespertilion à oreilles
échancrées, grand rhinolophe. Ces différentes espèces de
chauves-souris menacées de disparition se réfugient dans ces
galeries souterraines chaque hiver(source Conservatoire du
patrimoine naturel de CA).
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